09 novembre 2009
Au pied du Mur
Le monde s’est arrêté. Plus rien ne se passe d’autre que la commémoration du vingtième anniversaire de la Chute. Les radios du service public se consacrent entièrement à cet évènement. Le 9 novembre 1989 : la chute du Mur de Berlin, la chute de l’empire Soviétique, la chute des idéaux pour des millions de personnes. On parle de fête de la Liberté, avec violons, embrassades et discours d’un hymne à la Joie. On ne nous parlera pas de la responsabilité du G7 dans l’effondrement du bloc de l’Est dans la pauvreté durable. Car lorsqu’en 1990, Mikhaïl Gorbatchev, président de l’URSS, vient taper à la porte des pays les plus riches avec sa pérestroïka, ces derniers ne lui accorderont pas l’importance nécessaire. En 1991, Eltsine s’autoproclame dirigeant de la nouvelle Russie et ce qui aurait pu être une évolution avec Gorbatchev, devient une révolution du régime avec l’homme de l’Oural. Et voilà comment au fur et à mesure, on arrive l’élection de Poutine. On ne réécrie pas l’Histoire. Et dans cette cérémonie du devoir de mémoire, les oublis sont nombreux.
Mais en cette occasion, je tiens surtout à rappeler qu’il y a d’autres murs, tout aussi honteux et illégaux, qu’on rêverait de voir tomber...
Les Hommes savent faire la guerre, mais ne savent plus faire la paix.
13 octobre 2009
La Paix n'a pas de prix
"La personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix" selon les volontés, définies par testament, d'Alfred Nobel, pour l'année 2009 est donc Barack Obama.
Ca peut surprendre, ça peut agacer, ça peut diviser, mais ça peut aider. C'est sûrement l'état d'esprit du comité norvégien attributaire. Bien sûr on avait plutôt pensé à Mahmoud Ahmadinejad, à Kim Jong-il, à George Bush ou encore Muhammad Kadhafi. Certains avait même songé à Jean Sarkozy...
Ça peut surprendre parce qu'il n'est président que depuis 8 mois, et qu'avant personne ne s'intéressait vraiment à l'ancien sénateur de l'Illinois. La Maison Blanche n'y a d'ailleurs pas cru au matin du 9 octobre. Ça peut agacer tant la fascination pour un homme qui a promis beaucoup est déjà énorme. Ça peut diviser, à juste titre, et lui même reconnaît ne pas le mériter, car il reste pour beaucoup un commandant en chef de deux guerres, en plein cœur du monde musulman, qui ne mérite aucun prix, surtout s'il réfléchit à une escalade. Alors peut-être que ça va aider. Peut-être que ce signal fort va influer sur les décisions et la politique du diplomate américain. Peut-être qu'il deviendra véritablement le "président du monde". Pour l'instant il transparaît qu'il ne se laisserait pas enfermer par un prix, fut-il consacrer à la Paix. Mais peut-être que...
Encore un espoir de plus sur les épaules d'Obama qui, si ça continue, ne pourra plus que finir par décevoir...
24 juillet 2009
La Messe est dite...
...A moins que, et c'est à espérer, les neuf Sages se prononcent contre au regard des inégalités salariales et territoriales. Rappelons que le repos dominical est légalement institué depuis 1906, que c'est le jour traditionnel pour les rencontres sportives, amicales et familiales, les commémorations et les festivités. Visiblement pas pour la droite... Seuls les récalcitrants aux repas de famille à n'en plus finir y trouveront leur lot de consolation.
Quant aux autres...
26 juin 2009
Coucher de soleil
Parce que toute une génération a grandi en mimant cette gestuelle venue d'un autre monde, en écoutant les vinyles d'une musique de génie crépiter au contact de la cellule ortofon, Michael Jackson aura indéniablement marqué l'Histoire au delà de l'univers artistique.
La journée a commencé très tôt : à peine 11 ans et déjà coqueluche des médias lorsqu'il débute, en compagnie de ses frères, l'aventure Jackson Five, sous la ferme autorité de son père. Déjà un talent remarqué pour la danse et le chant. Les succès vont s'enchaîner jusqu'à sa consécration en solo à 21 ans et l'album Off The Wall.
A la mi-journée, le zénith fut atteint en 1982. Thriller, l'album le plus vendu de l'Histoire de la musique. Véritable compilation de tubes et source d'inspiration pour tous les genres, première apparition d'un afro-américain sur MTV, Jackson devient une icône.
L'après-midi sera monumentale. Les représentations et les albums scintillent comme les strass de ses costumes. Œuvres caritatives (contre la faim en Afrique et pour les victimes du 11 septembre 2001), concerts géants, featurings avec le gratin de la scène pop, soul, funk, le mythe grandit.
En soirée, les rayons du soleil se font moins étincelants, l'obscurité apparaît petit à petit. Ruine financière, avatars et requins l'entourent, scandales judiciaires, la presse people s'en régale. Il n'y aura pas de lendemain pourtant prévu en juillet pour le début d'une tournée mondiale qui devait durer 6 mois. Le soleil s'est définitivement couché. Clap de fin sur une carrière unique et inégalée, sur un danseur au talent fantastique, sur un musicien d'exception. Toute une existence suivie par les médias, une vie sous les projecteurs et les flashs. 750 millions de disques vendus et sûrement le début d'une avalanche de compilations à venir.
Le cœur brisé, comme un symbole, Jackson s'en est allé rejoindre le pays imaginaire. Ce gamin est entré aujourd'hui dans la Légende.
Le reste, tout le reste, mettons-le de côté.
28 avril 2009
En immersion
Beaucoup de choses depuis ces deux dernières semaines se sont passées.
Entre autres, la mise à jour des difficultés logistiques de nos armées. On savait que les budgets successifs de la Défense étaient tailladés, on en voit maintenant les conséquences. Manque de moyens, indisponibilités de nos bâtiments (2 chars Leclerc sur 3, un avion sur 2…), notre seul porte-avion, le Charles de Gaulle, en réparation, nos soldats parmi les meilleurs au monde sont cruellement mal équipés, un famas solide mais devenu trop lourd…
A l’heure où notre président décide la réintégration de la France au sein du commandement de l’OTAN, nous nous trouvons avec un matériel militaire vieillissant et par conséquent perdant en efficacité. Une force armée modernisée coutera plus chère, assurément, mais définissons les priorités.
Autre point chaud, la grogne ouvrière, incarnée par les Conti et autres Cater. Quand on n’a rien à perdre puisqu’on vous annonce que vous perdrez tout, voilà ce qu’on récolte. La belle unité syndicale franco-allemande pour se faire entendre à l’échelle continentale. Quand Bourdieu voit ses vœux exaucer… Et Villepin, avec sa verve romanesque, rêve à l’acte II de la Révolution française ! Tourments sociaux à l’ère des privilèges.
Sur la scène politique, les projecteurs ont été pointés vers l’absentéisme des députés à l’Assemblée Nationale. Et pourtant ça ne date pas d’hier. On nous dira que l’essentiel se fait dans les commissions, au sein des groupes politiques, en coulisses, et que l’important et d’être présent en séances publiques télévisées, près d’un micro, là où on a le plus de chance d’être vu. On accusera peut-être le cumul des mandats. Et pourtant un député ça compte énormément nous assure Copé, qui en mauvais sarkozyste voudrait un hyper parlementarisme.
Pendant ce temps là, en Espagne, la Reine Carla achève sa tournée accompagnée de son grand diplomate de mari. Quand les médias oublient le fond pour les formes... C’était quoi déjà l’objet de ce déplacement ?
A Concarneau, les élus de la droite majoritaire quitte le navire en perdition. Nul besoin de leur tirer dessus, ils le font très bien eux-mêmes. Affligeant.
Pour finir, un constat affirmé par Marianne dans son dernier numéro : « on trouve au sein du Parti Socialiste des militants qui sont encore peut-être les seuls à représenter une politique saine ». Merci…
06 avril 2009
Barack on tour
L’OTAN, Obama, l’UE et Nicolas. Ce weekend, se sont enfin achevés consécutivement le G20 et le sommet de l’Otan célébrant le 60ème anniversaire de sa création.
Etalage de chefs d’états ou de gouvernements, photos de « famille » et poignées de mains illuminées par le crépitement des flashs, protocoles traditionnellement nécessaires certes mais pompeux, pour au final renforcer les troupes en Afghanistan, produire hypocritement des listes de paradis fiscaux et nommer un Danois au secrétariat général de l’Otan.
La star était incontestablement le Président américain. Il a d’ailleurs obtenu ce qu’il était venu chercher, se permettant même de fortement conseiller à l’UE d’intégrer la Turquie. Je suis sûr qu’Obama est empli de bonnes intentions mais en diplomatie on évite de se placer plus haut que son interlocuteur. On ne change pas un américain…
Le plus amusant pendant ses quelques jours où les pays riches se regardaient le nombril, a été l’attitude de Notre Divin Président. Se forçant à se démarquer et à exister dans l’ombre des plus grands, on a pu mesurer sa piètre qualité internationale. Le summum a été atteint lors de la réception à Strasbourg au Palais des Rohan. Très tactile envers Obama, on ne touche pas une star tous les jours, tirage par le bras, bains de foules obligatoires, une familiarité apparente qui semblait impolie. Eternel pressé, Sarkozy n’aime pas les protocoles : marche d’un pas rapide, poignée de mains furtive, haussement de sourcils et regard fuyant pendant les hymnes, même l’officier qui commandait l’unité présente a été obligé de rattraper le chef d’Etat pour le salut militaire.
Et pour finir le bilan, le pilier de la Défense européenne a été reconnue nécessaire. Ah la bonne heure ! Seulement construire une structure indépendante sous le joug d’une autre est purement impossible.
La montagne a donc fini par accoucher, non pas d’une souris mais d’un souriceau.
02 avril 2009
Des Hommes à la Mer
La Royale est le surnom de la Marine Nationale en raison de la rue du même nom à Paris, siège de l’état-major. On en parle beaucoup en ce moment : portes ouvertes, piraterie maritime, incident sous-marin...
Petit-fils, fils et neveu d’officiers de Marine, difficile pour moi de ne pas continuellement baigné dans les récits de tours du monde, d’anecdotes d’escales ou encore de souvenirs incroyables.
Je pourrais traiter de la dimension maritime qui tient une place essentielle au sein de la stratégie de défense de la France dans un monde globalisé où les menaces présentent désormais un visage transnational ; de la contribution au besoin de défense et de sécurité dans l’espace aéromaritime, eu égard à la présence permanente sur toutes les mers. De la dissuasion, garante de la protection de nos intérêts vitaux et de paix, de la prévention, de la projection, de la sauvegarde maritime, de la lutte anti-pollution, de la protection de l’environnement dans lequel s’est engagé le Ministère de la Défense, de l’insertion des jeunes en difficulté… bref je pourrais.
Mais pour l’heure je préfère souligner l’amour de la Mer qu’ont ces serviteurs de la Nation. Parce qu’autant de témoignages de matafs que j’ai pu entendre, tous m’ont loué la beauté de l’océan dans toutes ses dimensions, l’envie de voyager sur les mers du globe et la fierté d'être marins.
Plus qu’une incorporation, la Marine est une intégration. Plus qu’une unité, une famille. Plus qu’une aventure, un destin.
Ce n'est pas pour rien qu'on la surnomme la Royale…
11 février 2009
Israël tourne à droite
Les élections législatives israéliennes ont traduit une droitisation du pays. Inquiétante monter de l’extrême droite incarnée par le parti ultranationaliste Israël Beitenou, triste historique défaite sans précédent du parti travailliste d’Ehoud Barak, maigre bilan de 16 sièges à la Knesset pour la Gauche…
Ma première impression est que l'électorat de gauche a voté utile, encore que je trouve cela discutable, c'est-à-dire que les citoyens de gauche ont voté en faveur de Tzipi Livni et de Kadima pour tenter de barrer la route à la droite, à Nétanyahou et à Lieberman.
Ma première inquiétude est que si c'est à Nétanyahou qu'il est demandé de former le gouvernement, on peut dire que le processus de paix est mort. Parce que le chef du Likoud a clairement dit qu'il voulait une paix "économique" avant de négocier quoi que ce soit avec les Palestiniens, qu’il s'est prononcé contre le retour des réfugiés, contre la division de Jérusalem, et pour la continuation de la colonisation.
Ma première incertitude est l’avenir de la Gauche. Ehoud Barak va-t-il rejoindre une coalition qui serait formée par la droite avec le Likoud ? Ou va-t-il entrer dans l'opposition pour essayer de refonder le Parti travailliste ?
Ma première conclusion est que, pour devenir premier ministre, on cherchera l’alliance avec l’arbitre extrême droite. Les magouilles et renoncements ont commencé et la réalité politique israélienne a repris son cour désespérant.
20 janvier 2009
Etre à la hauteur
C'est le jour. Le 44ème président des États-Unis va prêter serment sur la bible d'Abraham Lincoln dans quelques heures. C'est la fête à Washington, où beaucoup on fait le déplacement des quatre coins du pays.
Oui mais voilà, le rêve va se confronter à la réalité : une économie en crise, une dette publique la plus élevée au monde, de fortes inégalités sociales... L'Amérique a toujours besoin d'héro et beaucoup d'espoirs sont sur les épaules d'Obama.
Sur le plan international, il sera le président américain et défendra, de facto, les intérêts de son pays. Ne nous y trompons pas, il demandera un renforcement de la coalition en Afghanistan et s'investira dans le Proche-Orient. A quels Buts ?
Mais attendons avant de juger et, pour l'heure, saluons celui qui va mettre un peu de couleur à la Maison Blanche.
10 janvier 2009
à Gaza...
En "Terre sainte", il a des principes que l'on méconnaît.
On ne va pas chercher les coupables, ni les victimes qui sont sans nul doute les populations civiles. On va chercher les erreurs. Voyez-vous donc : un convoi humanitaire pris pour cible et une école palestinienne bombardée par l'armée israélienne. La presse internationale tenue à l'écart et une information plus qu'orientée par l'état hébreux. Une résolution appelant un cessez-le-feu du Conseil de sécurité de l'ONU votée par tous sauf... les Etats-Unis et leurs pétro-dollars.
Ehoud Barak, ministre israélien de la Défense, entend mener cette guerre jusqu'au bout. Jusqu'au bout de quoi ? De l'anéantissement du peuple voisin, de l'autorité Palestinienne ? Jusqu'à ce que le cours du brut soit assez haut ? Ou jusqu'à un conflit avec l'Iran où l'ami américain sera tout naturellement le bienvenu ?
Et pendant ce temps là...







