12 novembre 2009
L'Homme post-historique
Raphaël Enthoven, qui présente les nouveaux chemins de la connaissances sur France Culture, a fait une remarquable chronique sur les antennes de Radio France, lundi dernier à l'occasion de la commémoration de la chute du Mur de Berlin. A écouter et à méditer...
écouter "la fin de l'Histoire"
25 septembre 2009
Retour sur investissement
Il n’est pas bon de marcher en regardant derrière soi. Et pourtant…
Des rigoles de lait produit plus cher que son prix de vente ruissellent sur la face d'une Europe qui maltraite ses paysans. A qui fera-t-on croire qu'il est impossible de sauver les éleveurs en conciliant un peu moins de production (mais n'est-ce pas l'insuffisance de la demande, ce qui dans un monde où il ya tant de faméliques est quand même paradoxal, qui fait baisser les cours ? ), un peu moins de profit pour les transformateurs du lait profitant de ce marché d'offre et un prix s'il le faut un peu plus élevé à payer par les consommateurs européens pour garder leurs produits laitiers et leurs emplois…
Un ancien président, fantasmant sur une idylle royale, imaginée post-mortem, salissant plus que les protagonistes, l’image d’un ex-chef d’état dont la sagesse républicaine a depuis longtemps démissionné…
L'impudence des pouvoirs a bien des formes. Paris fait son cinéma. Comme toute chose publique sous les monarchies, l'hôpital appartient au roi pour y donner son spectacle. Et même si celui ci a un bon argument (des investissements pour la santé) la manière est inadmissible et choquante à juste droit : des personnels, des soignants, des consultants, des malades hyper contrôlés ou écartés quelques heures pour faire place au souverain et à sa sécurité. Nauséabond…
Un livre, un pavé dans la marre, une inutilité. Les élections internes au PS seraient faussées. Les querelles du Cid revisitées. L’une n’a rien fait, l’autre n’a rien pu faire. Papy fait de la résistance, mensonges, calomnies, faux-semblants : au temps des cerises, les corbeaux sont rois…
Et pendant ce temps là, les français eux…
07 juillet 2009
Polysinodie sportive
Aujourd'hui, les instances dirigeantes du Parti Socialiste sont réunies au centre d'entraînement du XV de France à Marcoussis. Les esprits malicieux diront qu'on y a jamais aimé la Rose...
L'objectif est de réfléchir à une nouvelle vision de la sociéte et à un futur projet pour les présidentielles. Etrange initiative du mois de juillet, ce séminaire de la holding socialiste interroge.
Sincèrement, peut-être auraient-ils du organiser un tournoi rugbyllistique entre écuries, chapelles ou autres courants, dans lequel chacun aurait pu mesurer le dévouement de l'autre, dans lequel Valls aurait pu raffûter toute opposition, dans lequel encore Aubry aurait pu introduire le sésame ovale dans une mêlée fermée entre éléphants bourrus et lionceaux aux dents de lait, dans lequel plaquages, tampons et autres percussions auraient remis les pendules à l'heure. Peut-être auraient-ils du...
Je ne desespère pas de voir les choses avancées à l'issue de cette rencontre mais comme beaucoup, je soupire.
Puis, dans une foulée de trois-quart aile, le PS annonce un "Tour de France du projet" dès l'automne, à la rencontre des français, avec forums, débats etc...
Puisqu'on vous dit que le sport est bon pour la santé !
24 juin 2009
Le radeau de la Méduse
Un Mitterrand à la culture... Sarkozy est très fort. sa politique est un désastre mais sa stratégie est porteuse. Nous avons eu tort de le sous-estimer et nous avons tort de ne pas l'observer davantage. Qu'aura-t-on dans 9 mois, au prochain jeu de chaises musicales ? On s'attend au pire... A noter: exit le secrétariat d'état aux Droits de l'Homme. Après tout...
Villepin.fr : c'est le nouveau club in parisien où il faudra être. La contre-attaque de "Mèche argentée" pour 2012 se précise...
Pendant ce temps-là au PS, petit remaniement entre amis mais "on ne change pas une équipe qui perd" se risque Libération. Mais non on rénove ! Enfin, on essaie...
19 juin 2009
Introspection
Semaine de Bac avec l'attendue épreuve de philo. Et si on se laissait aller…
Je regarde le monde, je consulte des médias dont l’explosion, en donnant la parole à n’importe qui, ne fait guère progresser que les confusions.
Partout le fil de l’eau mène aux impasses ou, au mieux, à des crises radicales mais sans conséquences, et la perspective des unes ou des autres décourage définitivement de chercher à penser
Au plan mondial, la compétition pour être de ceux que la saturation des capacités de la planète ne condamnera pas à être les vaincus, est engagée dans la voie de la régression de l’occident (et donc de notre niveau et qualité de vie) au bénéfice de ceux qui veulent le remplacer en compensation des dominations passées; l’inconscience de ces enjeux conduit à poursuivre, apparemment avec réalisme économique, mais en fait avec un total angélisme entretenu par les intérêts les plus puissants dans la voie d’une globalisation économique suicidaire, alors qu’il y aurait, rationnellement, des moyens de trouver de bons dosages.
Mais les fausses questions, qui passionnent des opinions se croyant éclairées, alors qu’elles sont largement aliénées, mais que nos types de démocraties leur donnent l’auto pouvoir de destruction dans les délices de la communication, prévalent sur les questions vitales : quelles seront nos mœurs lorsque les paradigmes de la télé réalité auront fini de triompher de tous les mystères de l’union des corps et des esprits ? Quels seront nos repères quand l’essentiel de ce qui est publié et /ou fait l’objet de large communication est porté par le goût de la morbidité, de l’orgie, de l’horreur par procuration ou, au mieux, du divertissement et de la dérision ?
La recherche de l’exercice d’un pouvoir éclairé, dont le devoir est de servir la conciliation des intérêts des habitants d’une nation, et d’une écriture utile, ne sont pas à la portée de ceux qui ne font partie des chapelles de people, de démagogues, de communicants de profession, de chercheurs et docteurs en banalités, de corporations monopolisant les journaux et les ondes et, parfois, de quelques comédiens dont le talent a connu le miracle d’être reconnu, grâce à quelques scandales.
Le monde est fermé au bon sens et les tribunes sont interdites à qui n’a pas payé de longue date d’allégeance le prix d’une soumission aux modes ou aux puissants, ce qui est d’ailleurs la même chose.
Je dois faire partie des imbéciles.
26 mai 2009
Une terre étoilée
L’Europe appartient aux nouvelles générations, nous dit-on ; "Génération Europe". Une sorte d’obligation à vénérer l’Auberge espagnole, sans mot dire. Accepter les choix politiques d’une élite qui nous aurait trompés, sans maudire.
Il semblerait que dans moins de dix ans, les trois quarts des Français seront des salariés ou des sous-traitants de groupes et d'entreprises possédés par les capitalismes d'Asie. Pour se prémunir contre cette perspective vraisemblable qu'aura fait notre État ? Il s'en sera remis à l'Europe comme l'exige le traité de Lisbonne. Et l'Europe n'aura rien fait pour nous protéger, car elle ne peut décider qu'au plus petit dénominateur commun de ses vingt sept pays.
Alors quel sens peut avoir l'élection du Parlement de l'Union? Il est probable que l'abstention va partout être majoritaire. Personne ne peut en effet croire que l'on peut construire "une autre Europe". Il est trop évident qu'aucune Europe garantissant des capacités économiques et un bon modèle social ne peut se faire sans l'harmonisation interne et sans la préférence communautaire. Et il n'y aura jamais un concours de forces nationales européennes pour le vouloir ensemble, du moins dans le périmètre actuel. Il faut reconnaître que les seuls périmètres utiles dans lesquels pourraient opérer des institutions efficaces, sont ceux dans lesquels se délègue démocratiquement le pouvoir : les périmètres nationaux où sont élus les gouvernants. L’Europe a besoin de pouvoirs nationaux aptes à assurer les responsabilités que les citoyens, qui les élisent et quand même les contrôlent (si si…), leur demandent d’exercer. L’Europe a besoin d'une coordination interétatique entre les nations qui seraient d'accord pour une stratégie de reconquête et de préférence européennes, dans une vraie négociation avec les autres puissances mondiales, en donnant un coup d'arrêt à tout ce qui porte certains de nos propres acteurs économiques à jouer contre l'emploi dans nos pays.
L'Europe est en train de se transformer sous nos yeux. Nous sommes des acteurs d’un très long-métrage dont le scénario évolue sans cesse. Il est donc évident que je vous incite à vous rendre aux urnes le 7 juin et à y glisser le bulletin socialiste. Mais sans pour autant croire à une grande manifestation d’amour, j’ose espérer que ces élections ne soient pas "Europe et haine".
info g.Bélorgey
26 mars 2009
Echec et maths
La journée de la jupe, film produit par Arte avec Isabelle Adjani sorti en salle cette semaine, réactualise les problèmes de banlieues. Le cadre est un collège classé en Zone d’Education Prioritaire. Les ZEP on en a parlé et on en reparlera. Politique menée à grande échelle, ces zones couvrent aujourd’hui 20% des écoliers et collégiens, soit 1 million et demi d’individus.
Mises en place par la Gauche au début des années 80, il s’agit d’une politique ambitieuse, accompagnée d’un effort budgétaire important, mais l’effort est saupoudré sur une telle quantité de zones et une telle masse d’élèves qu’au final les ressources allouées par enfant sont à peine de 10% plus élevées (aux Pays-Bas, elles sont 2 fois plus importantes que la moyenne et indépendantes de la localisation de l’école de l’enfant).
Plus de 20 ans après leur mise en place, force est de constater que les résultats sont hautement en deçà. Partant d’une volonté saine, donner plus à ceux qui ont moins, on peut pourtant parlé d’échec.
A l’avenir, il est souhaitable que le dispositif évolue non plus par simple extension du nombre de zones et d’enfants aidés mais par approfondissement et accroissement de l’effort sur les zones où se concentrent réellement les difficultés. Par ailleurs, passer de 22 à 18 élèves par classe permettrait, d’après une étude récente, de diminuer de 40% l’écart de performance au CE2 entre les élèves de ZEP et les autres.
Le surcroit d’effort pour les élèves en difficulté est aujourd’hui bien trop marginal pour produire un effet repérable. Le statut de ZEP devrait évoluer de manière à devenir beaucoup plus temporaire et révisable.
En conditionnant l’obtention de ressources temporaires mais importantes à la formulation de projets évaluables, on se donnerait les moyens de faire en sorte que le label ZEP ne soit plus stigmatisant mais au contraire signe de dynamisme.
11 mars 2009
Un ressac perpétuel
Je tenais à voir le dernier film de Philippe Lioret, Welcome. Je n’ai volontairement lu aucune critique avant d’y aller. Je savais que la polémique était née, que Besson avait bondi de son fauteuil de la rue Grenelle pour venir brailler "l’inadmissible comparaison" aux micros des medias, mais je voulais avant tout me divertir. Peine perdue. Le sujet est brûlant d’actualité.
Pour le nouveau ministre de l’Immigration, l’amalgame avec la police de Vichy est une grave erreur. Evidemment que les finalités ne sont pas les mêmes et heureusement ! Mais trouve-t-il alors justifié d'arracher une gamine de 7 ans des bras de son grand-père à la sortie de l'école ou de dénoncer au guichet d'une administration un sans-papier repéré au faciès ? De s’enorgueillir d’avoir expulsé 30 000 sans papiers l’année dernière ?
Si demain, j’aidais un homme en difficulté qui n’a pas de papiers, je tomberais sous le coup d’une "aide à la personne en situation irrégulière" répréhensible. Déroutant.
On a fermé Sangatte, et récemment Besson avait promis de "rendre étanche" la zone portuaire ainsi que les quais d’embarquement d’Eurotunnel afin de dissuader les candidats à l’émigration vers l’Angleterre. Très bien, et après ?
Personne ne veut de ces étrangers qui n'ont plus rien derrière eux et plus rien devant. Derrière cette misère, c'est toute la politique d'asile de l'Union européenne qui est en cause. Le problème de la gestion de l’immigration clandestine dans l’UE n’est pas géré communément mais, selon la volonté de Bruxelles, reste le problème du pays dans lequel les clandestins arrivent. L’Union privilégie le répressif et le contrôle des frontières et laissent la protection des personnes au second plan.
Pour exemple la Grèce est sûrement un des pires cas : un pays composé de 450 îles... Une aubaine pour les touristes mais aussi pour les immigrés clandestins qui, en débarquant sur les plages de Samos ou de Mykonos entre deux parasols, mettent un premier pied en Europe. Et après ? Ceux qui sont pris se voient délivrer par les autorités un papier écrit en grec, parfois en anglais, stipulant qu’ils ont un mois pour quitter le territoire. Les grecs sont ainsi seuls pour faire face, tant mal que bien, à l’assaut répété des boat people.
Bref, pour en revenir à cette sortie cinéphilique, ce film est humain et d’une triste réalité.
Dérangeant, mais tellement vrai.
09 mars 2009
Fragmentation
A peine plus de trois mois après le formidable congrès de Reims, le PS est toujours aussi uni.
Les européennes arrivant, c'était prévisible. A l'initiative de Collomb, un appel à rejeter les listes établies à déjà reçu plus de 600 signatures. Le problème que rencontre la direction du Parti est le désaccord de plus en plus présent des baronnies de provinces. C'est un parti décentralisé au sens dirigeant du terme.
Mais les querelles de personnes ne sont pas une spécificité des socialistes de l'Hexagone : outre-Rhin, le SPD connaît les mêmes problèmes bien qu'à moindre mesure.
Pourquoi ne pas suivre l'exemple du plus fervent défenseur de Royal, Valls qui affirme le plus normalement du monde aujourd'hui n'être ni royaliste, ni aubryste, ni dans une quelconque écurie présidentielle...
Solférino est surtout le nom d'une bataille.
03 mars 2009
la PESD
Aujourd'hui, l'Association de l'Armement Terrestre organisait une conférence en partenariat avec l'IHEDN, l'Association des anciens élèves de l'Ecole Navale, l’Amicale de l’EMSST et le Forum du Futur, sur les Perspectives de défense et de sécurité en Europe.
Loin d'être ennuyeux, l’orateur, Jean Fournet qui après avoir occupé à la Délégation Générale pour l’Armement, de nombreuses fonctions, largement dominées par les relations internationales, et en particulier celles de responsable de la coopération européenne, ainsi qu'un poste de Secrétaire Général Adjoint de l’OTAN à Bruxelles, a posé clairement les problèmes et enjeux.
La Défense militaire est un des piliers de l’Europe politique. Loin d'entrer dans les détails, ce qui ressort de cette problématique est l’émergence d’une identité européenne de défense, les faiblesses institutionnelles et budgétaires, l’avenir de la relation OTAN-PESD, et les perspectives pour l’industrie de défense. Pour cette dernière, une chose est sûre : le mouvement de restructuration militaire qui s’était engagé en Europe à la fin des années 1990 s’est arrêté. Les entreprises définissent de plus en plus leur stratégie en fonction du marché, ce qui tend à prouver que le lien Etat/industrie nationale est en train de se distendre, et l’Eldorado se trouve outre-Atlantique : 120 milliards de dollars d’équipement dans un marché unique aux Etats-Unis alors que le marché européen représente 50 milliards d’euros.
Vaste sujet sur lequel je reviendrai.





